Grotte de Bernifal (Meyrals).

 

Bernifal est dite " la grotte aux Mammouths et aux Tectiformes ".
Le mammouth y est représenté 24 fois. Les mammouths gravés de Bernifal ressemblent beaucoup à ceux de Rouffignac.

Il s’agit d’une grotte ornée découverte en 1902 par Denis Peyrony, qui l’étudie avec Louis Capitan et Henri Breuil. Depuis cette époque, le nombre de figures et de signes recensés n’a cessé d’augmenter. On note une large utilisation des reliefs dans le décor où dominent les représentations de mammouths par rapport aux autres espèces figurées (équidés, bovinés, bisons…).

On note également la présence de nombreux signes peints et gravés, notamment des tectiformes —(signes en forme de toit, mot employé pour la 1° fois en 1902, par l'abbé de Breuil et Louis Capitan pour définir ces signes de la grotte de Bernifal)— des ponctuations et d'autres signes plus élaborés.

Les mammouths de Bernifal, représentés de façon réaliste et détaillée, s’apparentent au style IV (Magdalénien) tel qu'André Leroi-Gourhan l'a décrit. Quant aux signes tectiformes, ils appartiennent au groupe périgourdin, et se retrouvent aux Combarelles, à Font-de-Gaume et à Rouffignac.

Plan de la grotte : "L'Atlas de cavernes" (1984)

Située dans la vallée de le Beune, à cinq kilomètres des Eyzies, cette grotte, dont l'ornementation a été datée du magdalénien moyen a été découverte en 1902, par Denis Peyrony, qui y pénètra par une cheminée artifcielle en août 1902. Une première étude rapide fut réalisée par Louis Capitan, Henri Breuil et Denis Peyrony. Des relevés trop succints furent publiés en 1903. H. Breuil en repris l'étude de manière plus complète, en 1928. L'entrée naturelle fut désobstruée en 1935 par D. Peyrony. ce dernier interprèta la présence des moellons bouchant l'entrée comme une structure anthropique, donc volontaire, réalisée par les Préhistoriques, maisaucune observation archéologique ne permet de confirmer cette hypothèse.

Description physique

La cavité se compose de trois salles communicantes : le Passage, la salle I et la salle II. Elle est presque entièrement décorée de gravures et peintures, qui exploitent les reliefs et creux naturels des parois pour donner du volume aux figures –(par exemple, un profil humain souligné sur une lame verticale naturelle)–, lesquelles sont fréquemment associées entre elles ou avec des signes (mammouth/tectiforme par exemple). La plus grande concentration de figures se rencontre au niveau du passage et des alcôves le jouxtant..

L'entrée de la grotte, large de quatre mètres, haute de deux mètres, orientée nord/ nord-ouest, est à une vingtaine de mètres au-dessus de la Beune. La cavité, creusée dans le calcaire coniacien, se compose d'une galerie en ligne brisée de direction générale nord-ouest /sud-est de 90 mètres de longueur, composée de cinq segments. Le sol en pente légère depuis l'entrée jusqu'aux deux tiers de la cavité descend brusquement de trois mètres pour redevenir à peu près horizontal vers le fond.
La hauteur des voûtes varie de deux à six mètres, avec un passage abaissé à un mètre entre la première et la seconde partie de la galerie. En effet, on peut pour localiser les figures, diviser cette galerie en deux parties principales: la première correspond au premier segment et à une partie du deuxième (salle I), la seconde aux trois derniers segments (salle II). Entre les deux, au niveau d'un rétrécissement qui est en fait le début de la salle II, se trouve une zone où abondent les gravures (Passage). Plusieurs diverticules, souvent ascendants, partent des parois droites et gauches. Enfin, le fond de la galerie se prolonge sur une dizaine de mètres par un boyau bas et étroit.
De nombreuses formations de calcite jalonnent toute la cavité: stalagmites, planchers stalagmitiques, revêtements de parois ou moins épais, parfois altérés en mondmilch blanc. Ces concrétions sont en règle générale antérieures aux dessins préhistoriques dont elles sont parfois les supports, mais de petites coulées ou des voiles de calcite peuvent également recouvrir certaines gravures et peintures.
Les dessins peints ou gravés sont répartis tout le long de la galerie et dans certains diverticules, presque depuis l'entrée jusque dans le couloir terminal.

Le dispositif pariétal qui recense cent dix représentations, est à part presque égale, constitué par des gravures et des peintures. Le bestiaire relativement riche : mammouths, équidés, bisons, cerfs, animaux indéterminés, se découvrent sur les parois de la grotte, souvent sous forme de frises ou de panneaux, placés préférentiellement dans le registre supérieur, et dans lesquels les préhistoriques ont su, avec brio, utiliser le modelé et les inégalités de la paroi. Outre le bestiaire, quelques représentations humaines (mains, visage) et cinquante et un signes, organisés ou simples (stries, points, disposés séparément, en ligne, ou en long ruban) viennent compléter la décoration de la grotte.

Les tectiformes, qui sont une catégorie des signes organisés, se retrouvent sur les parois de la grotte au nombre de douze, un treizième, gravé sur la voûte, vient s'ajouter à ce décompte. Un seul est peint, les autres sont gravés. Les tectiformes gravés sont tous groupés dans le même secteur de la grotte, c'est-à-dire dans le Passage et sur la paroi d'une alcôve, tout à côté. Quant au seul tectiforme peint, il se situe en fin de grotte, sur le registre supérieur de la paroi. On peut donc dire qu'ils se trouvent au début et à la fin de la partie ornée.
Leur morphologie est variée, aucun d'entre eux n'est complet, c'est-à-dire qu'aucun ne répond à l'intégralité de la définition de ce signe donnée par l'abbé Breuil. Toutefois la catégorie la plus représentée dans la grotte est celle des tectiformes dits " ramifiés ". Les éléments qui les constituent sont réalisés à l'aide de plusieurs traits parallèles, avec une constante pour les " mâts " qui tous, sont matérialisés par cinq traits dépassant le faîtage. Pour les tectiformes gravés on ne note pas de remplissage, ce qui n'est pas le cas du seul tectiforme peint dont la technique pointilliste a également été utilisée pour réaliser les arches, les festons qui le remplissent.
Les tectiformes s'insèrent dans le dispositif pariétal de la grotte par des modes d'associations divers : superposition à des animaux certes mais aussi entre eux, juxtaposition avec les mêmes catégories auxquelles il faut ajouter celle des autres signes, et relations de second plan, plus lointaines ou visuelles, tantôt au sein des compositions dont ils font partie, tantôt, et c'est le cas du tectiforme qui se trouve sur la voûte, par le "lien" qu'il suggère entre ces deux parois porteuses de mammouths et de tectiformes.
L'étude des liaisons thématiques entre les tectiformes et les autres catégories, fait ressortir que majoritairement, ils sont en relation parfois très proche, entre eux ou avec d'autres signes, et ce, bien avant toute autre liaison avec une espèce animale. Ces liaisons, entre entités abstraites, interrogent certes mais il est difficile de leur donner un sens. Les tectiformes sont aussi en relation avec toutes les catégories d'animaux représentés dans la grotte, toutefois on note une liaison thématique préférentielle avec le mammouth, puisque ce dernier se trouve concerné, tous modes d'associations confondus, vingt-neuf fois. Toutefois si l'on étudie les seuls animaux concernés par une association sous forme de superposition, le nombre diminue et l'étude de ces mammouths porteurs des tectiformes peut s'avérer instructive pour tenter d'esquisser une hypothèse sur le rôle et le sens que ces signes auraient pu avoir dans le dispositif pariétal, construit par les Préhistoriques.


 

Relevé d'un panneau gravé, paroi droite du Passage, avec 3 paires de tectiformes sur les mammouths.

" l'Atlas des grottes ornées", 1984, p. 172).

 

Vue du seul tectiforme peint de la grotte.

(photo J. Vertut dans A. Roussot, 1990, p. 59)

Tectiforme gravé

 

Mammouth laineux, portant une paire de tectiformes






Mammouth peint

Impressions après visite

Cette grotte non électrifiée est surprenante par le côté "nature" qu'elle présente. Le dépaysement est complet et on se sent un peu dans les pas des premiers découvreurs.

Au bout de la partie de la grotte qui se visite on est à —36m. En plus des gravures et des peintures, cette grotte présente de nombreuses concrétions, draperies, stalactites et stalagmites, dont la taille permet de penser que les artistes qui l'ont décorée les ont connues. On n'a retrouvé aucune trace d'habitation et on pense que cette grotte était un sanctuaire.

De nombreuses traces de calcite se sont développées, recouvrant partiellement les fresques, et gênant parfois leur lisibilité.

La présence de deux profils humains gravés et très nets, de mains gravées et de tectiformes, la façon systématique de se servir du relief, des failles des parois, (même si elle est d'usage courant durant toute cette période), pour suggérer et tracer à minima le contour des gravures, représentent les particularités de cette grotte.

De l'avis des visiteurs, elle vaut le détour.

 

Pour visiter appeler Gilbert Pémendrant, chez lui au 06 74 96 30 43.