Le Solutréen
Cette phase culturelle préhistorique du Paléolithique supérieur de France d'Espagne débute vers 20000, à la fin de la phase glaciaire du Würm III et se termine durant l'interstade Würm III/IV vers 16000. Elle tire son nom du fameux gisement de Solutré. Ce sont sans doute ces conditions climatiques rigoureuses qui ont gêné son extension, notamment vers le Nord, où on ne le trouve qu'exceptionnellement.
Son origine reste mystérieuse. Sa période finale voit des particularismes régionaux s'établir, mais elle disparaît brutalement. Les différences climatiques sont importantes durant tout le Solutréen, qui commence par une période de froid constant et sec, puis le climat se tempère et devient humide et instable, des oscillations d'humidité et de froid sec suivent, pour laisser place à une période où il pleut beaucoup. Le renne est l'animal le plus chassé ainsi que le cheval.
La grande originalité de cette période préhistorique repose sur les outils en silex taillé, dont les formes, très particulières, n'appartiennent qu'au Solutréen ; ils témoignent d'une grande habileté de l'homme préhistorique, qui porte le travail du silex à la perfection.
La technique de le retouche connaît une extension extraordinaire : retouche plate envahissante, obtenue par percussion directe du percuteur doux en bois de renne, tenu dans la paume de la main, ce qui permet de donner au bord le contour désiré et d'obtenir un tranchant micro-crénelé (pour les grandes feuilles-de-laurier, en particulier), retouches parallèles minces obtenues par pression (pour les feuilles-de-saule et les pointes à cran). Ces pièces peuvent atteindre de grandes dimensions, (jusqu'à 35 cm) et sont parfois taillées dans des roches ayant une qualité esthétique identique à celle du cristal de roche, du jaspe ou de la calcédoine.Les pointes à cran redoutables au bout d'une sagaie, et l'apparition des premiers propulseurs, vont augmenter l'efficacité des armes de trait.
C'est aussi à cette période qu'apparaît l'aiguille à chas. Elle est inventée par les Solutréens vers 16000. Sa confection est délicate : une esquille osseuse tirée au burin du fût d'un os long qu'il faudra ensuite arrondir et épointer, polir avec une roche de grès fin, et enfin perforer à une extrémité.
Indirectement l'aiguille va permettre la confection d'outres que l'on peut chauffer et dans lesquelles on peut transporter des liquides plus aisément, mais aussi par l'assemblage plus solide des peaux, permettre la fabrication de kayaks. Ces aiguilles très fines ont plutôt servi comme passe-lacets pour entraîner le fil (nerf traité) ; la perforation des peaux s'effectuant au préalable à l'aide de perçoirs en silexL'art solutréen est célèbre surtout par les bas-reliefs sculptés du gisement du Roc de Sers, en Charente, et du Fourneau du Diable, en Dordogne.