La grotte de Rouffignac

 

 

Situation géographique de la grotte

 


La grotte de Rouffignac (Dordogne) a été fréquentée par l'homme préhistorique qui a laissé de nombreux témoignages de son passage sur les parois et les voûtes au cours du Paléolithique supérieur.

Elle est connue "depuis toujours": la première mention en est faite en 1575, on parle alors de "paintures et traces de bestes". Les nombreux graffitis attestent d'une longue fréquentation. Même si quelques préhistoriens, dont l'abbé Breuil visitent la grotte en 1915 sans en découvrir la richesse préhistorique, il faudra attendre l'été 1956, pour que L.-R. Nougier et R. Robert " visitent la grotte "aux étoiles de mer et oursins" de calcite, et découvrent les oeuvres pariétales, c'est-à-dire qu'ils les voient avec les yeux de la connaissance ". Toutefois la reconnaissance de ce patrimoine préhistorique ne va pas de soi et ce n'est qu'après une âpre bataille, que l'authenticité des gravures et peintures est reconnue et que leur étude peut être menée. Des fouilles sont pratiquées par C. Barrière dans le porche puis les galeries à partir de 1956. L'étude complète du dispositif pariétal de la grotte est menée par le même. En cet été 2006, la grotte vient donc de fêter le cinquantenaire de sa découverte. Une exposition sous le proche, et l'émission d'un timbre, commémorent cet évènement.

Début 2006, on apprenait que Frédéric Plassard, petit fils de l'inventeur de la grotte dont la famille est propriétaire, venait de découvrir deux nouveaux tectiformes, ce qui porte à 16 le nombre de ces signes sur les parois. Cela met en évidence que d'autres découvertes sont possibles, dans ce long réseau de galeries abondamment ornées de tracés digitaux, de signes très nombreux et divers, de gravures et dessins d'animaux, dont certains tel le rhinocéros, sont assez rares dans l'iconographie pariétale.

Le développement algual est surveillé constamment ; l'éclairage est limité aux moments de passages du train. La configuration et les vastes dimensions de la grotte autorisent un nombre élevé de visiteurs par rapport à d'autres sites ornés.

La grotte de de Rouffignac ou "grotte aux Cent Mammouths" est une des plus grandes grottes ornées connues à ce jour —10 kms de galeries (dont seule une partie de la galerie supérieure est visible lors d'une visite ordinaire) et 270 peintures ou gravures— que l'on découvre gràce à un train électrique.

Le support, en général malléable et constitué d'une couche de calcaire décomposée de quelques mimillimètres d'épaisseur, a été propice à la réalisation de traits faits avec le doigt ou selon le degré de dureté du support avec un burin de silex ou un outil d'os ou de bois. La technique du dessin n'a été utilisée que lorsque l'artiste a jugé le support assez résistant. Dans ce cas, le pigment est accroché aux micro-aspérités de la roche.

Le mammouth est à Rouffignac le thème dominant, 160 de ces pachydermes sont figurés sur les parois et les plafonds. Que cette
thématique prédomine est assez inhabituel, même si le mammouth est présent dans toutes les grottes de Dordogne, comme à Bernifal, à Cussac où les Gravettiens ont gravé une dizaine de mammouths... Souvent lorsqu'il est représenté, les spécialistes parlent alors de "mammouths du même style que celui de Rouffignac", c'est le cas de la grotte de Font-de-Gaume. Il est vrai qu'ils sont reconnaissables avec leurs yeux en triangle, et des détails anatomiques très réalistes. (On peut noter que parmi les 300 cavités décorées d'Europe occidentale, environ la moitié des représentations de l'espèce sont à Rouffignac).

Le mammouth a été moins représenté par les artistes paléolithiques que les chevaux et les bisons. Ce choix des artistes est d'autant plus surprenant que les ossements de mammouths demeurent rares dans le sud-ouest, ce qui ajoute du mystère à l'ornementation de la caverne.

Les figures, réparties dans toute la grotte, sont concentrées à l'étage supérieur (Grand plafond, Galerie Breuil, Voie sacrée), aux points de connexion entre les différents niveaux et dans quelques galeries isolées. Les techniques employées sont le dessin essentiellement avec du bioxyde de manganèse et plus rarement avec de l'argile rouge ou de la craie blanche, (comme sur le plafond rouge, où les mammouths d'abord gravés sont redessinés avec de la craie), les tracés digitaux sur argile tendre (figuratifs ou non), la gravure. Les compositions sont organisées en "frises", mêlant signes aux animaux, parfois ces derniers sont représentés en situatuation d' "affrontement". La composition circulaire, complexe du Grand plafond où 65 animaux s'entremèlent au dessus d'un puits dont ils semblent surgir, est grandiose. Quelques anthropomorphes, caricaturaux, le "Grand Etre", "Adam et Eve" se mêlent à ce bestiaire. On ne peut passer sous silence les nombreux signes : arbalétiformes, serpentiformes, tectiformes et tracés digitaux divers, qui revêtent parois et voûtes, parfois isolés ou juxtaposés aux animaux. Ils occupent, comme dans les autres grottes, une place importante dans le dispositif pariétal. Les dessins sont parfois incomplets, réduits à une esquisse cervico-dorsale proche d'un archétype, à une tête. Cet inachèvement est volontaire et non le fait d'une négligence, la technique est aussi précise dans ces cas que lorsqu'il s'agit d'un animal entier. Parallèlement, on note grâce à un réalisme des détails, une recherche d'individualisation, les figures ne sont pas interchangeables. On remarque également, un début de recherche du mouvement. Les figures fréquemment couvertes par des graffitis modernes, ont rendu nécessaire un travail de nettoyage afin d'en préserver la lisibilité.


Autour du thème central gravitent d'autres sujets : aux chevaux et bisons s'ajoutent ici des rhinocéros, fort rares dans l'art des cavernes et des bouquetins comme ceux qui entourent "le Grand Père", une des figures de mammouth les plus complètes de la caverne.


Toute la sensibilité des peintres transparaît dans la modernité du traitement de ces dessins au trait noir et nous les rend très proches.

Frise des onze Mammouths

Détail du plafond : "le grand-père"

Exemples de tectiformes dit "en sapin"

Relevé du plafond

"Anthropomorphe barbu"

"Les mammouths de la découverte"

 

 

 

Bibliographie

" L'art pariétal de Rouffignac " Claude BARRIÈRE. Éditeur : Picard, Fondation Singer-Polignac 1982

(Les relevés ci-dessus en sont extraits)

" Rouffignac le sanctuaire des mammouths " Jean PLASSARD, le Seuil Avril 1999

 

A visiter

http://www.grottederouffignac.fr/default.asp