La Micoque

 

 

C'est un abri de plein air, dont l'occupation la plus ancienne date de 400 000 ans av.J.C, donc en pleine glaciation de Mindel.

Il nous faut faire un effort pour imaginer le décor à cette époque en ce lieu, si verdoyant aujourd'hui.
Il n'y avait pas de végétation. Un lac s'étendait, qui fut peu à peu remplacé par un fleuve, bordé de galets, qui offrait à cet endroit, un passage à gué. Tout cela bien sûr, est attesté par les différents fossiles, (coquillages surtout) et alluvions retrouvés dans la stratigraphie ; les différentes crûes du fleuve l'ont d'ailleurs bouleversée. C'était donc un lieu privilégié pour le passage des animaux, donc pour la chasse. Les ossements qui ont été retrouvés permettent de penser qu'il a pu s'agir d'un site de boucherie
Par sa richesse, ce site est fondamental pour appréhender, entre autres, le début du Paléolithique. Même si la stratigraphie couvre plus de 300 000 ans de cultures préhistoriques telles que le Micoquien et le Tayacien, comme Denis Peyrony au début du XX° les a dénommées, ces faciès industriels étant contemporains du début du Moustérien, (100 000 ans av.J.C), son niveau le plus bas a livré des silex datés de -450 000 ans, taillés par les premiers habitants des Eyzies. Il fut habité successivement par l'Archanthropien, dont le représentant le plus connu est le Pithécanthrope, et probablement par l'Homme de Néandertal.


"Ce gisement célèbre exposé au sud-ouest, se trouve sur la rive droite du ru de Manaurie, cinq cents mètres avant qu'il se jette dans la Vézère en amont de Laugerie-Haute. Ce n'est pas un abri sous roche, mais un site de plein air, en avant d'une petite falaise calcaire, dominant d'une quinzaine de mètres le cours actuel du ruisseau et une plage de galets.
Découvert en 1895 par E. Rivière, le gisement a d'abord été fouillé de manière anarchique par plusieurs archéologues, et de manière intensive entre 1906 et 1914 par l'antiquaire O. Hauser. C'est pourtant lui qui créa le terme de Micoquien en 1916, pour qualifier une industrie originale de ce site, terme repris en 1932 par H. Breuil à la suite des fouilles excellentes de D. Peyrony entre 1929 et 1932 après l'acquisition par l'Etat. En 1956, F. Bordes y effectua une fouille de contrôle, en 1969, H. Laville et J.-Ph. Riguaud une étude stratigraphique détaillée, et des études plus approfondies ont été reprises depuis 1983 par une équipe pluridisciplinaire.
La séquence stratigraphique de La Micoque est importante pour la connaissance du Paléolithique ancien et moyen de la région car s'y succèdent six occupations principales correspondant à la glaciation de Riss et au début de celle de Würm.
Les industries les plus anciennes, rissiennes, voire antérissiennes, sont composées d'éclats taillés assez sommairement, attribués au Tayacien par D. Peyrony, au Clactonien par H. Breuil (couches 1 et 2). Les couches 3 et 4, d'abord considérées comme tayaciennes, contiennent en réalité, selon F. Bordes, deux industries moustériennes, l'une de faciès Quina, ou charentien, l'autre de faciès Levallois. Ces deux couches sont contemporaines de la glaciation de Riss, et de ce fait bien antérieures au début de la glaciation de Würm, que l'on croyait auparavant marquer le début du Moustérien.
Le sommet du gisement contenait l'industrie micoquienne, qui correspond à un Acheuléen final caractérisé par la présence de bifaces allongés, à base épaisse, mais à la pointe fine et aux bords légèrement concaves. Ce Micoquien, sur le site éponyme, se situerait déjà au début de la glaciation de Würm."

Extrait de l'ouvrage : " Connaître la Préhistoire en Périgord "

Les fouilles entreprises vers 1906, se continuent encore actuellement. Elles sont souvent délicates, car du ciment stalagmitique vient compliquer le travail, la silice contenue dans les silex, disparaît, les rendant friables, et il est de plus difficile de protéger ce site.

L'abri de la Micoque

Il y a plus de 100 000 ans, des peuplades acheuléennes ont habité à plusieurs reprises, sur le bord du ruisseau de Manaurie, à quelque distance de la Vézère, au pied d'un petit escarpement rocheux. Les couches archéologiques sont superposées sur près de dix mètres d'épaisseur.

 

Outils trouvés à La Micoque

 

Ces spécimens sont exposés au musée de la Préhistoire aux Eyzies.