L'Aurignacien

 



1° époque du Paléolithique supérieur, qu'on situe de —38000 à —26000 ans.

Les Aurignaciens inaugurent le débitage des lames, ils convertissent ces lames par retouches et tronca-tures (remplacement d'une arrête par une facette), en outils divers. L'enlèvement de fines lamelles à l'extrémité donne un grattoir sur bout de lame, dans les déchets de tailles, selon leurs formes, ils fabriquent des "grattoirs à museau" destinés au travail de précision sur os, ainsi que des burins busqués pour le même usage.

Dans sa phase ancienne, l'Aurignacien est caractérisé par une industrie lithique très laminaire : les grattoirs sont nombreux et souvent aménagés sur de grandes lames retouchées. La retouche dite "aurignacienne " est écailleuse et forme souvent de larges encoches sur le bord des lames qui prennent le nom de "lames étranglées " lorsque ces encoches sont bilatérales. De petites lamelles à retouche marginale, les lamelles " Dufour ", (du nom d'une grotte en Corrèze), sont abondantes dans certains gisements.

 

 

 

Le bloc de silex est d'abord dégrossi à l'aide d'un percuteur en pierre...

 

Puis le nucleus est mis en forme grâce à une pièce en bois de buis...

par percussion encore.

La première lame à crête triangulaire est détachée ...

Le plan de frappe du bloc de silex est ensuite aménagé...

 

 

en vue du détachement par le même procédé, de la deuxième lame.

 

De temps en temps, le tailleur ravive le plan de frappe pour poursuivre le débitage. Enfin, la retourche à l'aide d'un morceau de bois de cerf, permet d'obtenir la pièce souhaitée.

Iconographie tirée du site: www.ifrance.com/prehisto/outils,

 

Cette industrie lithique s'accompagne d'une industrie osseuse soignée et élaborée. Les pointes de sagaies en bois de rennes deviennent nombreuses, et leur mode d'emmanchement est différent selon les époques. Les premiers bâtons percés font leur apparition, ce sont des perches de bois de renne portant une grande perforation.

Les éléments de parure retrouvés dans les gisements et les sépultures sont nombreux. Ce sont des dents d'animaux, (parmi lesquelles les " craches " de cervidés ont une importance particulière), des coquillages et des pendeloques façonnées dans l'os et l'ivoire.

L'art apparaît à l'Aurignacien, il est présent, dans de nombreux sites : des blocs portent des gravures de représentations sexuelles féminines ou plus rarement, masculines. Des animaux sont également figurés par la gravure, la peinture ou la sculpture.

L'Aurignacien montre une évolution polymorphe qui se manifeste par l'existence de faciès caractérisés par l'abondance d'outils particuliers : les grattoirs sont très variés, soit par le forme de leur front, grattoirs à museau ou à épaulement, soit par leur robustesse, grattoirs carénés et rabots. A la fin de l'Aurignacien, certains burins à biseau très robuste, les " burins busqués " ou " carénés " deviennent très abondants.

L'Aurignacien a couvert une aire géographique s'étendant sur l'ensemble de l'Europe et jusqu'au Proche-Orient.